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    La première fois que je l’ai vu, c’était deux mois après la rentrée scolaire. Sa famille avait déménagé à cause de son père qui avait reçu une promotion pour son travail. Lorsque notre professeur nous l’avait présenté, j’avais tout de suite ressenti qu’il était très timide. Ses petits yeux bruns regardaient le sol, plutôt que de nous faire face lorsqu’il se présenta. Ses cheveux, également bruns, cachaient un peu son visage. Pour être franc, s’il ne portait pas l’uniforme d’un garçon, je l’aurais plutôt pris pour une fille, à cause de son  corps fin, de ses jambes délicates. Quant à  son visage… on aurait dit un petit ange. Lorsqu’il parla, une petite voix fluette s’éleva.

    -          Je suis Koyoto Lye. Je viens d’Okinawa. Mes parents ont déménagés depuis peu. J’espère de tout cœur être heureux ici et bien apprendre parmi vous.

    Tous les garçons sans exception avaient rougi lorsqu’il nous salua de façon traditionnelle. C’était la première fois qu’on avait un garçon aussi efféminé dans notre lycée. Notre professeur désigna deux d’entre nous pour lui faire visiter notre établissement et pour s’occuper de lui la première semaine. Je fus, à mon plus grand bonheur, l’un des heureux élus pour le guider. Après la classe, je le  monopolisai pour la visite de l’établissement. Mon camarade de classe désigné lui aussi pour lui servir de guide se lassa vite, car  on ne l’écoutait que très peu, et nous quitta sans un mot, à mon plus grand bonheur. Koyoto me demanda pourquoi il s’en allait comme ça, je lui répondis rapidement qu’il avait probablement quelque chose à faire. Je lui montrai tous les recoins des bâtiments, lui donnai tous les conseils possibles afin qu’il se sente rapidement chez lui. Lorsque nous eûmes fini, il rentra chez lui. Pendant le chemin du retour, le soir même, j’étais triste de ne plus être avec lui et j’avais l’impression de ressentir  subitement un vide en moi, ce qui ne m’était jamais arrivé avant. Je ne savais pas pourquoi, mais ce jeune homme, me faisait de l’effet. À plusieurs reprises je me dis que c’était impossible, puisque c’était un garçon, et que je l’étais également. Une fois arrivé chez moi, je n’avalai presque rien et partis  rapidement me coucher.

    Le lendemain matin, je me préparai rapidement. Je voulais vite retourner au lycée, ; ce qui était inhabituel de ma part. Je me regardai dans la glace afin de voir si mes cheveux noirs étaient bien arrangés. Ce n’était pas le cas, ils étaient en bataille. Dire que je partais comme ça chaque matin  en cours…Avant de sortir je pris tout de même le temps de me coiffer un peu, ce qui surprit ma mère qui soupçonna quelque chose. Une fois arrivé devant le portail, je l’attendis ! Koyoto arriva quinze bonnes minutes après moi. Il fut à la fois surpris et heureux de me voir l’attendre. Je prétextai que je n’avais pas envie de laisser un nouveau seul et que je prenais mon rôle de guide au sérieux.

    Malgré cela, un mois plus tard,  je continuais de l’attendre. Le soir, je voulais le raccompagner chez lui, même si sa maison se trouvait à l’ opposé de la mienne. Sa gentillesse était telle que je voulais constamment le protéger de tout. Il me semblait tellement pur, que j’avais l’impression, parfois, d’avoir affaire à une poupée fragile qui risque de se casser à tout moment. Quelque chose naissait en moi. Quelque chose de nouveau qui parfois m’effrayait.

    Un soir, après avoir passé une merveilleuse journée en  compagnie de Koyoto, je fis un rêve qui me fit prendre conscience de quelque chose d’important.

    J’étais au lycée, absolument seul. Je me baladai un moment quand soudain, je vis un groupe d’hommes rire puis juste après, j’entendis un appel au secours. Je me précipitai, cherchant d’où venaient les cris, quand soudain,  je voyais Koyoto se faire agresser physiquement par trois voyous. Je tentai de le protéger de toutes mes forces. Une fois les agresseurs  enfuis, il me sautait dans les bras à moitié dénudé. Je ne sais pas ce qui me prit mais je l’embrassai. Je caressai sa douce peau claire. Je le dénudai entièrement, afin de pouvoir toucher tout son corps. Lorsque mes baisers descendirent,  je n’avais plus qu’une seule envie, prendre possession de tout son être. Et c’est ce que je fis. Je  le préparai doucement à une pénétration avec mes doigts. Une fois que son anus fut dilaté, j’introduisis mon pénis en lui. Mes va-et-vient semblaient lui plaire car de petits cris sortirent de sa bouche, ce qui m’excitait de plus belle. J’allais de plus en plus vite, histoire de lui donner davantage de plaisir, jusqu'à éjaculation.

    Une fois que j’eus fini, je me réveillai en sursaut. J’avais du mal à croire que j’avais fait un tel rêve. Il m’était impensable d’admettre que j’étais tombé amoureux… d’un garçon !

    Après ce rêve, je pris la décision formelle de ne plus m’approcher de Koyoto. J’étais bien trop bouleversé pour pouvoir lui faire face. Le jeune homme avait du mal à comprendre pourquoi, du jour au lendemain, je ne lui adressais presque plus la parole. Moi qui étais tout le temps attaché à ses pas, qui faisait tout mon possible pour le voir constamment sourire, je n’étais plus à ses côtés. Pendant toute une semaine, je fus torturé par mes sentiments, nouveaux, et Koyoto, ne faisait rien pour arranger la situation dans mon esprit. Il essayait de comprendre les raisons de mon rejet à son égard, ce qui était compréhensible.

    Au bout de huit jours, je ne suis plus allé à l’école. J’étais indécis ! Je ne voulais pas admettre mes sentiments. J’avais peur qu’il me rejette si je lui avouais mes sentiments. C’était un secret que j’avais du mal à gérer. Mon amour pour lui me rongeait de l’intérieur. Tous les soirs, je ne rêvais plus que de lui. Mes fantasmes n’étaient  plus aussi doux que le premier. Au fur et à mesure que les jours avançaient, je devais plus violent avec lui, plus sadique. Cela m’excitait de penser  à le prendre de telle ou telle façon, mais en même temps, ça me dégoûtait. Lui, si pur, comment pouvais-je me permettre de penser à lui faire de telles choses ?

    J’étais resté plus de deux semaines à la maison en me rongeant les sangs jusqu'à ce que je prenne enfin mon courage à deux mains. Il était temps de lui avouer mes sentiments à son égard. Je ne pouvais plus garder une telle chose en moi.

    Lorsque je le revis le lendemain, Koyoto fut soulagé de me voir de retour au lycée. Lui et d’autres amis, s’étaient fortement inquiétés de mon état. Je fis comme si tout ce qui s’était passé les quatre dernières semaines  n’était qu’un mauvais rêve, mais je ne perdais pas de vue mes sentiments pour le jeune homme. Pendant les deux jours qui suivirent, je repris le cours de ma vie telle que je l’avais laissée avant de prendre conscience de mes sentiments.

    Un soir, après les cours, Koyoto me proposa de prendre un verre avec lui. Je voulais saisir cette chance pour tout lui avouer.

    Une fois arrivés devant le restaurant où il voulait boire un verre, une jeune fille nous adressa un signe de la main. Je me demandais qui elle était.  Était-ce la sœur de Koyoto ? Nous nous dirigeâmes vers elle. Le jeune homme prit sa main et me la présenta.

    -          Ryuto, je te présente ma petite amie, Naomi.

    J’étais effondré. Je n’avais qu’une seule envie, c’était de pleurer, mais je n’en fis rien. Je m’efforçai tout au long de la soirée d’être un ami exemplaire, afin qu’il n’ait pas honte de moi.

    Une fois rentré chez moi, je me  précipitai dans ma chambre pour laisser mes larmes couler. Comment avais-je pu une seule seconde croire que Koyoto pouvait aimer un garçon comme moi ? Il était évident qu’il ne voyait en moi qu’un ami. Pourtant, mon  amour pour lui était toujours aussi fort.

    Finalement cet amour, ne restera à jamais qu’un secret, que j’aurai à garder pour moi seul indéfiniment!


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